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Guide pratique 2026Mise en service d’une applicationAucun score de sécuritéMis à jour le 30 juillet 2026

Quel socle de sécurité exiger pour une application métier ?

L’application va accueillir de vraies données ? Partez des conséquences métier, exigez des preuves sur la prévention, la détection, la restauration et la réponse, puis nommez les responsables. Une inconnue critique conduit à limiter ou reporter, jamais à déclarer l’application « sûre ».

Audit technique

Faire examiner les preuves réelles

Apportez l’architecture, les contrôles, les résultats d’exercice et les inconnues. L’audit documente une décision ; il ne promet pas le risque zéro.

  • Périmètre et hypothèses explicités
  • Écarts reliés à des preuves
  • Priorités et responsabilités documentées

Contrôles à documenter

8

Capacités à relier

4

Score global

Aucun

Réponses de l’outil

Non envoyées

Lecture

16 min

Quentin HagnéréPrésident fondateur codeur

§ 01Réponse courte

Les faits observables valent mieux qu’une promesse de sécurité

Avant de charger de vraies données, posez une question plus utile que « l’application est-elle sécurisée ? » : qui pourrait voir, modifier, bloquer ou perdre quoi, et quel serait l’effet sur l’activité ?

Attribuez un responsable à chaque mesure et demandez des traces observables sur quatre capacités : prévenir, détecter, reprendre et répondre. Une procédure écrite compte, mais un contrôle critique doit aussi être exercé.

Restaurez l’application dans un environnement isolé. Déclenchez un événement autorisé et vérifiez que l’alerte arrive à la bonne personne. Rejouez la première heure d’un incident.

Si l’impact, la preuve ou le responsable d’un point décisif reste inconnu, limitez le pilote ou reportez la mise en service avec de vraies données.

Chaîne de preuves autour d’une application métier reliant prévenir, détecter, reprendre et répondre

Mémo express

Une inconnue reste une question ouverte

Notez-la telle quelle, puis identifiez la personne ou le document capable de répondre. Un bon point ne compense pas une condition bloquante sur la restauration, la détection ou la responsabilité.

Incident actif : quittez la revue générique

Si une compromission, une fuite, une altération ou une indisponibilité est en cours ou soupçonnée, appliquez la procédure d’incident et contactez les responsables compétents. Ne documentez aucun secret ni détail opérationnel dans l’outil de cette page.

§ 02Menaces utiles

Une menace prend sens par ses conséquences sur l’activité

« Cyberattaque » est trop large pour décider. Décrivez plutôt ce qu’une personne, une erreur, un composant ou une panne pourrait provoquer. Cette formulation aide le métier à fixer les priorités et l’équipe technique à proposer des contrôles vérifiables.

Passer d’une menace vague à une question vérifiable

Conséquence
Divulgation
Question métier
Quelles informations seraient exposées et à qui ne doivent-elles jamais l’être ?
Élément à rechercher
Données minimisées, accès testé, traces et procédure d’incident
Conséquence
Modification
Question métier
Quelle règle, décision ou valeur pourrait être changée sans autorisation ?
Élément à rechercher
Contrôle d’accès, validation, journal et alerte sur action sensible
Conséquence
Indisponibilité
Question métier
Quel travail s’arrête et comment continuer sans l’application (mode dégradé) ?
Élément à rechercher
Dépendances inventoriées, objectif métier et exercice de reprise
Conséquence
Perte ou corruption
Question métier
Quelle perte de données est acceptable et comment la détecter ?
Élément à rechercher
Sauvegarde isolée, contrôle d’intégrité et restauration observée
Conséquence
Action non attribuable
Question métier
Quelle opération doit pouvoir être reliée à un compte et un instant ?
Élément à rechercher
Événement journalisé sans secret, horodatage, protection et accès borné
Conséquence
Composant vulnérable
Question métier
Qui surveille, qualifie, teste puis installe la correction ?
Élément à rechercher
Inventaire, alerte de vulnérabilité, décision et preuve de mise à jour

Pour rendre la ligne « contrôle d’accès » testable, définissez qui peut voir et modifier quoi objet par objet, puis associez à chaque autorisation critique un cas autorisé et un cas refusé.

Pour un traitement de données personnelles, l’article 32 du règlement général sur la protection des données (RGPD) demande au responsable du traitement et au sous-traitant des mesures techniques et organisationnelles appropriées au risque pour les droits et libertés des personnes. Il cite, selon le cas, confidentialité, intégrité, disponibilité, résilience, restauration et évaluation régulière. Il ne fournit pas une fréquence de sauvegarde ou une architecture universelle.

Le périmètre juridique vient après les faits

« Pas de données sensibles » ne signifie pas « pas de données personnelles ». Faites qualifier les finalités, les catégories, les rôles et les obligations réelles. Pour une application sans données personnelles, les pratiques CNIL peuvent éclairer la démarche, mais l’article 32 du RGPD n’est pas présenté comme la base de toute la sécurité du logiciel.

Une fois ces conséquences décrites, reliez chaque mesure à ce qu’elle doit empêcher, révéler ou permettre de reprendre. Vous pourrez alors demander l’élément précis qui l’étaye.

§ 03Architecture de décision

Prévention, détection, reprise et réponse se tiennent ensemble

Une mesure isolée déplace parfois le problème. Un accès bloqué aide peu si les secrets fuient ailleurs. Des journaux sans alerte laissent l’événement dormir. Et restaurer uniquement la base échoue dès que l’identité, les fichiers ou la configuration manquent. Les quatre capacités doivent donc fonctionner ensemble.

Quatre capacités à relier sans produire de score

Capacité
Prévenir
Question de revue
Qu’est-ce qui réduit la probabilité ou l’impact d’un accès, d’une erreur ou d’une vulnérabilité ?
Trace possible
Exigence, revue, test et responsable de correction
Limite
Aucun contrôle ne supprime toutes les causes
Capacité
Détecter
Question de revue
Quel événement produit quelle alerte, pour qui ?
Trace possible
Scénario déclenché et alerte effectivement reçue
Limite
Un journal jamais analysé n’est pas une alerte
Capacité
Reprendre
Question de revue
Que restaure-t-on, dans quel ordre et avec quelle perte constatée ?
Trace possible
Exercice isolé et limites consignées
Limite
Une copie n’est pas une restauration
Capacité
Répondre
Question de revue
Qui décide, isole, corrige, conserve les éléments utiles et informe ?
Trace possible
Exercice sur table et contacts confirmés
Limite
Le prestataire ne porte pas seul la décision métier

Le NIST Cybersecurity Framework 2.0 présente six fonctions — Govern (gouverner), Identify (identifier), Protect (protéger), Detect (détecter), Respond (répondre) et Recover (rétablir) — comme un cadre flexible et non prescriptif. Pour la revue de mise en service, ces questions sont regroupées en quatre capacités. Ce raccourci n’attribue aucun niveau et ne reproduit pas le cadre.

Une exigence technique doit citer sa version et son test

Pour une application web, le référentiel ASVS 5.0.0 de l’OWASP Application Security Verification Standard — peut servir de base versionnée pour sélectionner des exigences et des tests. Référencez la version et les exigences retenues, leur périmètre, leur résultat et leurs exceptions. « Nous suivons OWASP » ou « le Top 10 est couvert » ne constitue pas une certification.

Contrôle :
Conséquence métier réduite :
Exigence versionnée :
Périmètre et environnement :
Responsable :
Test autorisé :
Résultat observé :
Écart, limite ou exception :
Action et date de prochaine revue :
§ 04Sauvegarde et reprise

La restauration révèle ce que la sauvegarde permet vraiment

Le métier doit d’abord préciser la perte de données et l’interruption qu’il peut accepter.

L’ANSSI-BP-100 version 1.1 du 27 novembre 2025 relie la stratégie de sauvegarde à ces besoins. La perte de données maximale admissible est appelée PDMA, ou RPO en anglais. La durée maximale d’interruption admissible est appelée DMIA, ou RTO en anglais. Aucune valeur par défaut ne convient automatiquement à votre activité.

Ce qu’un exercice de restauration doit rendre visible

Étape
Périmètre
Question
Données, fichiers, configuration, secrets et dépendances sont-ils couverts ?
Résultat à conserver
Inventaire sauvegardé et exclusions
Étape
Isolement
Question
La copie reste-t-elle disponible si la production ou les comptes sont compromis ?
Résultat à conserver
Architecture, accès et copie hors ligne ou séparation justifiée
Étape
Déclenchement
Question
Qui décide et obtient les accès nécessaires ?
Résultat à conserver
Responsable, suppléant et procédure
Étape
Ordre
Question
Quelles dépendances doivent revenir avant l’application ?
Résultat à conserver
Séquence testée et point de contrôle
Étape
Intégrité
Question
Les données restaurées sont-elles complètes et cohérentes ?
Résultat à conserver
Contrôles observés et écarts
Étape
Métier
Question
Un utilisateur autorisé peut-il reprendre le parcours critique ?
Résultat à conserver
Cas métier exécuté après restauration

Le repère 3-2-1 ne démontre pas la reprise

Trois copies sur deux supports, dont une hors ligne, forment le repère 3-2-1 recommandé par l’ANSSI et conseillé par la CNIL. La règle doit être adaptée : elle ne décrit ni les données incluses, ni la protection, ni l’ordre de reprise, ni le résultat d’un exercice.

Mémo express

Réplication et sauvegarde ne jouent pas le même rôle

Une suppression, une corruption ou un chiffrement malveillant peut être répliqué. La réplication peut réduire l’interruption lorsque le métier ne tolère presque aucune perte, mais la sauvegarde isolée, les versions et l’exercice gardent une fonction distincte.

La reprise répond à la perte ou à l’arrêt. Il faut encore savoir assez tôt qu’un événement anormal se produit : c’est le rôle de la chaîne de détection.

§ 05Journaux et alertes

Un journal utile mène d’un événement à une action

L’ANSSI, dans son guide de journalisation version 2.0 du 28 janvier 2022, recommande de prévoir la journalisation des applications métier dès les spécifications. Les événements servent à détecter pendant l’activité ou à reconstituer le chemin et l’impact après un incident. Cela suppose des formats exploitables, une protection, une horloge cohérente et une analyse.

Transformer une trace en capacité de détection

Maillon
Événement
Question
Quelle action sensible, erreur ou anomalie doit être visible ?
STOP fréquent
Tout collecter sans finalité
Maillon
Contenu
Question
L’auteur, l’instant, la nature et la cible sont-ils identifiables sans copier inutilement les données ?
STOP fréquent
Mot de passe, secret ou donnée complète dans le journal
Maillon
Protection
Question
Qui peut lire, modifier ou supprimer la trace ?
STOP fréquent
Même compte d’administration sans séparation
Maillon
Alerte
Question
Quelle condition déclenche un signal exploitable ?
STOP fréquent
Tableau de bord jamais consulté
Maillon
Destinataire
Question
Qui reçoit, qualifie puis alerte le niveau responsable, y compris en cas d’absence ?
STOP fréquent
Boîte générique sans propriétaire
Maillon
Exercice
Question
Un scénario autorisé a-t-il parcouru la chaîne complète ?
STOP fréquent
Présumer que l’outil alerte

La fiche CNIL « Tracer les opérations » du 14 mars 2024 demande notamment de ne pas enregistrer les mots de passe ou leurs empreintes et de protéger les traces. Sa recommandation usuelle de six mois à un an concerne les données de journalisation destinées à sécuriser un traitement de données personnelles, avec des adaptations à justifier. Elle ne crée pas une durée universelle pour tous les journaux.

Journaliser plus peut aussi créer un risque

Les traces peuvent contenir des données personnelles, des identifiants, des erreurs détaillées ou des secrets. Minimisez, contrôlez les accès, fixez une durée par finalité et vérifiez la suppression. La détection ne justifie pas une collecte sans limite.

Une alerte n’a de valeur que si quelqu’un peut la qualifier et agir. La section suivante attribue cette décision, son remplacement en cas d’absence et les autres responsabilités de reprise.

§ 06Gouvernance opérationnelle

Les responsabilités doivent tenir même en cas d’absence

« Le prestataire gère » ne suffit pas. Un contrat peut confier l’hébergement, les alertes ou la maintenance ; l’organisation doit encore fixer les conséquences acceptables, autoriser les actions, qualifier les obligations et vérifier les preuves.

Une même personne peut cumuler plusieurs rôles. Chacun doit néanmoins être accepté, compris et confié à un remplaçant en cas d’absence. Selon le contexte, associez le délégué à la protection des données (DPD, aussi appelé DPO), le responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI), un juriste ou un autre spécialiste.

Responsabilités à attribuer avant la mise en service

Rôle
Propriétaire métier
Décision ou action
Fixe les conséquences, le mode dégradé et soumet la décision
Preuve
Hypothèses et décision datées
Rôle
Responsable applicatif
Décision ou action
Tient les dépendances, changements, contacts et documents
Preuve
Registre à jour et accès vérifié
Rôle
Responsable technique
Décision ou action
Met en œuvre, teste, corrige et explique les limites
Preuve
Résultats, écarts et plan de traitement
Rôle
Responsable des alertes
Décision ou action
Reçoit, qualifie puis alerte le niveau responsable
Preuve
Alerte testée et suppléance
Rôle
Responsable de restauration
Décision ou action
Déclenche et dirige l’exercice
Preuve
Compte rendu et ordre de reprise
Rôle
DPD/DPO, RSSI, juriste ou spécialiste
Décision ou action
Qualifie les enjeux selon données, exposition, secteur et criticité
Preuve
Avis contextualisé, sans validation fictive

L’absence d’une personne clé met déjà l’organisation à l’épreuve

Un exercice sur table — une simulation discutée sans provoquer d’incident réel — peut rester court : une alerte arrive, la personne principale est absente, un compte doit être suspendu, une sauvegarde doit rester isolée et un décideur doit accepter le mode dégradé. Observez les appels, les accès manquants, les ambiguïtés et les décisions. Conservez les limites ; ne transformez pas l’exercice en attestation.

Événement fictif autorisé :
Personne alertée :
Suppléant :
Première décision :
Action d’isolement :
Responsable de la restauration :
Éléments utiles à conserver :
Information métier / données / juridique :
Écart observé et action :
§ 07Outil local

L’outil fait remonter le premier point à traiter

L’outil ci-dessous relit huit contrôles en traitant d’abord le plus urgent. Il garde les inconnues, donne la priorité aux incidents et aux blocages, puis demande les écrits, les responsables, la restauration, la détection et les autres exercices. Il ne mesure ni probabilité, ni impact, ni conformité.

Revue avant mise en service · outil local

Quel point devez-vous établir maintenant ?

Choisissez uniquement des états génériques. Ne saisissez ni nom, détail d’incident, information métier, secret ou donnée personnelle : aucune réponse ne quitte la page ni n’est enregistrée durablement par cet outil.

1. Qualifier le contexte

Ces quatre choix ne calculent pas un risque. Ils empêchent l’outil de donner la même réponse à un prototype isolé et à une application devenue indispensable ou exposée.

2. Où en êtes-vous sur les huit contrôles ?

Même exercé, un contrôle peut garder des limites. Son résultat, sa date et son périmètre doivent pouvoir être relus. Choisissez STOP dès qu’une condition interdit la mise en service envisagée.

Les données, fonctions, dépendances et conséquences d’un accès, d’une erreur ou d’une panne sont-elles décrites ?

Trace attendue : Inventaire court, conséquences métier et hypothèses validées par le propriétaire métier.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Les comptes sensibles, secrets, accès externes et changements d’habilitation sont-ils protégés et contrôlés ?

Trace attendue : Exigence versionnée et test d’un accès refusé, révoqué ou renforcé selon le risque.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Les environnements, secrets, composants, mises à jour et tests avant livraison sont-ils maîtrisés ?

Trace attendue : Chaîne de livraison automatisée ou procédure observée, inventaire des dépendances et responsable de correction.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Le périmètre sauvegardé et l’ordre de reprise ont-ils été restaurés dans un environnement isolé ?

Trace attendue : Compte rendu d’exercice, résultat observé, limites, perte et interruption constatées.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Un événement sensible déclenche-t-il une trace protégée puis une alerte reçue par une personne nommée ?

Trace attendue : Scénario d’alerte exécuté, horodatage, destinataire et traitement consignés.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Les contacts, décisions, actions d’isolement et recours au bon spécialiste ont-ils été exercés ?

Trace attendue : Fiche incident versionnée et exercice court avec responsables et suppléance.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Qui surveille les vulnérabilités, qualifie les mises à jour et corrige après la mise en service ?

Trace attendue : Périmètre de maintenance, dépendances suivies, canal et propriétaire écrits.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Les décisions métier, les alertes, la restauration, les corrections et l’appel au bon niveau ont-ils un responsable ?

Trace attendue : Rôles nommés, limites du prestataire, contacts et suppléance confirmés par un exercice.

Aucune réponse ou trace exploitable n’est disponible.

Prochaine étape prudente

Qualifiez d’abord le contexte de l’application

L’impact métier, la présence de données personnelles, l’exposition Internet et l’existence d’un incident changent les contrôles et les personnes à mobiliser.

Points à reprendre

  • Impact métier
  • Données personnelles
  • Exposition Internet
  • Incident actif ou soupçonné

Action : Faites répondre le propriétaire métier, le responsable applicatif et, selon le cas, le délégué à la protection des données (DPD ou DPO), le responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) ou un autre spécialiste. Une inconnue reste visible.

Aucun score n’est calculé. Le résultat dépend uniquement de vos choix et ne remplace ni une analyse de risques, ni un audit, ni un test d’intrusion encadré, ni une décision de mise en service.

Une fois les exigences minimales documentées ou exercées, le contexte reste décisionnel. Un impact matériel ou critique, des données personnelles ou une exposition Internet conduisent à une revue qui tient compte du contexte. Elle mobilise, selon les raisons signalées, les compétences en métier et continuité, en protection des données ou en sécurité applicative et exploitation. Ces compétences peuvent être internes ; aucun intervenant extérieur n’est imposé par défaut. Seul le contexte déclaré limité, sans données personnelles et sans exposition Internet, aboutit à la revue métier limitée.

Utilisez-le une première fois avec le propriétaire métier, puis avec le responsable technique. Un désaccord est une information utile : recherchez la preuve au lieu de choisir la réponse la plus rassurante. Quand l’outil affiche « dossier présentable », il indique seulement qu’une revue humaine peut commencer.

§ 08Arbitrage

Une décision écrite garde ses limites visibles

La décision dépend des conséquences, du résultat des contrôles, des écarts et des personnes autorisées. Aucun seuil de réussite ne se déduit de cette revue. Écrivez la décision, les limites, les mesures temporaires, les risques qui restent, le propriétaire et la prochaine échéance.

Décisions possibles après la revue

Décision
Soumettre à mise en service
Quand l’envisager
Contexte qualifié, contrôles essentiels exercés, écarts acceptés par les responsables
Condition honnête
Ne pas écrire « sécurisé » ; conserver les risques qui restent et les avis
Décision
Pilote limité
Quand l’envisager
Apprentissage encore utile avec données fictives, accès bornés et sortie simple
Condition honnête
Empêcher que le pilote devienne la production par inertie
Décision
Simplifier
Quand l’envisager
L’organisation ne peut pas porter les responsabilités du périmètre prévu
Condition honnête
Réduire données, exposition, fonctions ou dépendances
Décision
Reporter
Quand l’envisager
Restauration, détection, responsable ou conséquence critique inconnus
Condition honnête
Nommer l’action qui permettra une nouvelle revue
Décision
Faire intervenir
Quand l’envisager
Incident, donnée sensible, forte exposition, contrainte sectorielle ou vulnérabilité critique
Condition honnête
Mobiliser la compétence adaptée en données, sécurité, droit ou réponse à incident
Décision
Choisir un outil existant
Quand l’envisager
Une solution standard couvre le besoin et réduit les responsabilités spécifiques
Condition honnête
Vérifier tout de même données, accès, sortie et preuves du fournisseur

Mémo express

Une mesure temporaire a un propriétaire et une fin

Si une limitation compense provisoirement un écart, écrivez ce qu’elle empêche, qui la surveille, quand elle expire et ce qui déclenche l’arrêt. « Nous ferons attention » n’est pas une mesure vérifiable.

Pour faire examiner l’architecture, les preuves et les inconnues, consultez le service d’audit technique. Si vous avez déjà réuni le contexte et souhaitez le transmettre sans secret ni détail d’incident, vous pouvez ensuite décrire le projet.

§ 09Mise en situation

Les vraies données attendront la restauration et l’alerte

Scénario entièrement fictif

Application de planification pour une équipe de douze personnes

Aucun client, système, incident ou résultat réel n’est représenté. L’application doit importer les coordonnées des clients, planifier les interventions et conserver les comptes rendus terrain.

L’hébergement annonce des sauvegardes quotidiennes, sans exercice de restauration. Les modifications administrateur produisent des journaux, mais aucune alerte n’est adressée et personne n’est responsable de leur lecture. En cas d’incident, la consigne est seulement « appeler le développeur », sans suppléant ni accès vérifié.

Décision du cas fictif sans score

Point
Conséquences
État
Interruption et modification de planning matérielles
Action avant vraies données
Fixer comment continuer sans l’application et les objectifs métier
Point
Restauration
État
Affirmée, non exercée
Action avant vraies données
Restaurer données, configuration et accès dans un environnement isolé
Point
Détection
État
Traces présentes, chaîne d’alerte absente
Action avant vraies données
Déclencher une modification autorisée et suivre l’alerte
Point
Responsabilité
État
Développeur cité, aucun propriétaire ni suppléant
Action avant vraies données
Attribuer la décision, l’alerte, la restauration et la transmission au niveau responsable
Point
Décision
État
Preuves critiques manquantes
Action avant vraies données
Reporter la mise en service avec de vraies données

Un pilote peut continuer avec des données fictives, des accès limités et une sortie simple si cet environnement ne devient pas implicitement la production. Après la restauration, l’alerte et l’exercice de responsabilité, les résultats reviennent devant une personne autorisée. Ils ne produisent toujours pas une déclaration automatique de sécurité.

Ces contrôles ne vivent pas isolément. Ils commencent par les droits d’accès, se rédigent comme exigences dans le cahier des charges et se prouvent par le plan de recette, restauration et journalisation comprises. Un prestataire se juge aussi là-dessus, comme le détaille le choix d’un prestataire sur preuves.

Deux situations imposent une vigilance supplémentaire. Reprendre un logiciel métier existant oblige à inventorier des accès dont plus personne ne connaît le périmètre, et une migration sans interruption de service multiplie temporairement les copies de données. Sur une plateforme partagée, enfin, les guides Airtable ou Notion face à une application métier et Power Apps face à une application sur mesure précisent ce que le plan souscrit couvre réellement.

Terminez par une action datée

Inscrivez l’action qui manque, la personne qui la mène et la date à laquelle le point sera réexaminé. Si la seule sortie est un badge ou un score, la décision n’est pas assez documentée.

Avant les vraies données

Documenter les contrôles, les exercices et leurs limites

Préparez les conséquences métier, l’architecture, le dernier exercice de restauration et un exemple d’alerte autorisé.

  • Sauvegarde séparée de la restauration
  • Journal séparé de la détection
  • Responsable et suppléant identifiés

Sources et références légales

  • Règlement (UE) 2016/679 · article 32

    Texte officiel : pour les traitements de données personnelles, mesures techniques et organisationnelles appropriées au risque pour les droits et libertés des personnes, avec notamment selon le cas confidentialité, intégrité, disponibilité, résilience, restauration et évaluation régulière.

  • CNIL · Guide de la sécurité, mise à jour 2026

    Le PDF courant porte « Version 2024 — mise à jour 2026 » : gouvernance, accès, développement, traçabilité, sauvegarde, continuité, incidents et analyse de risques dans le périmètre des données personnelles.

  • CNIL · Règles essentielles de sécurité, 19 juin 2026

    Fiche générale mise à jour le 19 juin 2026 pour les entreprises : les risques numériques concernent aussi bien les données personnelles que les informations financières ou industrielles. Elle reste une sensibilisation, pas un audit du contexte.

  • CNIL · Encadrer les développements

    Fiche du 14 mars 2024 : intégrer la sécurité dès la conception, séparer les environnements, utiliser autant que possible des données fictives ou anonymisées, tester et éviter les secrets dans le dépôt de code.

  • CNIL · Sauvegarder

    Fiche du 14 mars 2024 : copies fréquentes, protection comparable à la production, séparation géographique, copie hors ligne et tests d’intégrité et de restauration. Le repère 3-2-1 n’est pas présenté ici comme une loi universelle.

  • CNIL · Tracer les opérations

    Fiche du 14 mars 2024 : événements utiles, journaux protégés et analysés. La recommandation de six mois à un an porte ici sur les données de journalisation qui sécurisent un traitement de données personnelles, avec exceptions à justifier.

  • ANSSI · Fondamentaux de la sauvegarde v1.1

    ANSSI-BP-100, version 1.1 du 27 novembre 2025 : stratégie issue des besoins métier, règle 3-2-1 avec copie hors ligne, exercices de restauration, ordre de reprise et isolation. Le document précise que ses recommandations ne sont pas normatives sauf texte contraire et doivent être adaptées.

  • ANSSI · Architecture de journalisation v2.0

    Guide version 2.0 du 28 janvier 2022 : journalisation prévue dès les spécifications, événements exploitables, protection des traces et usages de détection ou d’analyse après incident. Le document qualifie ses recommandations de non normatives sauf texte contraire et exige leur adaptation au contexte.

  • OWASP · ASVS 5.0.0

    Version stable publiée le 30 mai 2025 : base volontaire pour sélectionner et référencer des exigences techniques vérifiables. Ce n’est ni une certification, ni une preuve globale de sécurité.

  • NIST · Cybersecurity Framework 2.0

    CSWP 29 publié le 26 février 2024 : cadre flexible et non prescriptif autour de Govern, Identify, Protect, Detect, Respond et Recover. Les fonctions n’imposent ni ordre, ni checklist universelle.

Limites

Votre application reste à tester dans son propre contexte

Les exemples, tableaux et l’outil local ne voient ni votre architecture, ni vos données, ni vos obligations. Une analyse de risques, un audit, un test de sécurité, une qualification RGPD ou sectorielle et une décision humaine restent nécessaires selon le contexte.

Questions fréquentes

Vos questions avant la mise en service de l’application.

Des réponses bornées sur OWASP, les sauvegardes, les journaux, les pilotes et la personne qui décide.

Catégories

Faire examiner un socle concret

Décrivez le périmètre et les preuves disponibles sans transmettre de secret, de donnée personnelle ou de détail d’incident.

Découvrir l’audit
  • Non. Les conséquences, les données, l’exposition, les utilisateurs, les dépendances et les obligations sectorielles changent le besoin. La méthode rassemble huit sujets pour organiser la vérification ; ils ne forment pas une checklist universelle.
— Prochaine étape

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