Une inconnue suffit à arrêter le calcul
Pour calculer le retour sur investissement (ROI), placez tous les flux sur le même calendrier. Soustrayez le coût total de possession (TCO) des bénéfices attribuables, puis divisez le gain net par ce coût. Faites ensuite deux calculs distincts : l’un pour la trésorerie, l’autre pour la valeur économique. Si un coût, l’adoption ou la destination du temps gagné reste inconnu, arrêtez-vous. Un zéro veut dire « vérifié à zéro », jamais « pas encore étudié ».

Le TCO additionne les coûts initiaux, récurrents et de sortie sur la période retenue. Le ROI rapporte le gain net à ce coût. Aucun des deux ne dit, à lui seul, si de l’argent entrera sur le compte bancaire.
Les cinq informations qui autorisent le calcul
Cinq informations bloquantes avant le calcul
- Information
- Situation de départ
- Preuve minimale
- Volume, temps, erreurs et dépenses sur une période représentative
- Sinon
- STOP : observer avant de projeter
- Information
- Calendrier
- Preuve minimale
- Décision, mise en service, rampe de gains et horizon
- Sinon
- STOP : les bénéfices n’ont pas de date
- Information
- Adoption et destination
- Preuve minimale
- Qui utilisera l’outil et où ira le temps libéré
- Sinon
- STOP : capacité théorique seulement
- Information
- TCO complet
- Preuve minimale
- Douze familles connues, nulles justifiées ou non applicables
- Sinon
- STOP : une inconnue n’est pas zéro
- Information
- Contre-option
- Preuve minimale
- Statu quo, simplification, standard/SaaS et sur-mesure
- Sinon
- STOP : le projet n’est pas encore comparé
Mémo express
Les quatre décisions possibles
Investir, lancer un pilote limité, simplifier le besoin ou reporter. « Développer » n’est pas la sortie par défaut. Si vous cherchez encore quel travail examiner, commencez par le guide choisir le premier processus métier à automatiser.
La décision et les bénéfices ne commencent pas le même mois
Comparez toutes les options sur les mêmes mois. Dans ce guide, le mois 0 est la décision. Le premier mois actif est la mise en service. La rampe de réalisation des gains décrit la montée progressive de l’effet ; elle ne remplace pas le taux d’adoption, qui reste un facteur distinct.
CONVENTION MENSUELLE Mois 0 = décision Mois g = première période active H = dernier mois observé Mois actifs = H − g + 1 Rampe de r mois au mois actif m : min(1 ; (m − g + 1) / r) Si r = 0 : effet plein dès la mise en service
Exemple : sur six mois, une mise en service en M3 et une rampe de trois mois produisent les facteurs 1/3 en M3, 2/3 en M4, puis 1 en M5 et M6. Compter quatre mois pleins surestimerait les bénéfices. Compter seulement deux mois les sous-estimerait.
L’horizon peut se terminer avant l’effet plein. Avec H12, une mise en service M10 et une rampe de six mois, seuls 1/6, 2/6 et 3/6 sont observés en M10, M11 et M12. Le calcul conserve ces trois fractions au lieu de refuser le scénario ou de prolonger artificiellement l’horizon.
Le devis et le bénéfice n’ont pas le même calendrier
Le cadrage et la réalisation peuvent être payés avant la mise en service, alors que les bénéfices commencent après. Ajoutez la migration, la double exploitation, la formation et la sortie au mois où ils ont lieu. Un ROI final positif peut malgré tout exiger un financement intermédiaire important.
Séparez les deux gains de trésorerie, la capacité et le qualitatif
Un même progrès opérationnel peut avoir quatre effets. Les additionner sans frontière crée un double compte. Commencez par la nature du bénéfice, puis documentez son attribution au projet.
Quatre natures de bénéfice à ne pas confondre
- Nature
- Décaissement hors main-d’œuvre évité
- Condition de comptage
- Facture, achat, pénalité ou prestation réellement supprimable
- Lecture
- Trésorerie
- Nature
- Décaissement lié aux heures
- Condition de comptage
- Heures supplémentaires, prestation ou recrutement effectivement évité
- Lecture
- Trésorerie
- Nature
- Capacité utile
- Condition de comptage
- Heures réaffectées à une activité nommée, utile et suivie
- Lecture
- Économique, pas entrée de caisse
- Nature
- Qualitatif
- Condition de comptage
- Qualité, délai, traçabilité ou confort sans valorisation démontrée
- Lecture
- Registre séparé, hors ROI
HEURES ÉLIGIBLES = heures observées × part techniquement retirable × adoption DÉCAISSEMENT LIÉ AU TRAVAIL = heures éligibles × part donnant un décaissement supprimé × décaissement horaire marginal CAPACITÉ UTILE = heures éligibles × part réaffectée utilement × valeur économique horaire justifiée DÉCAISSEMENT HORS MAIN-D’ŒUVRE = dépense évitable × adoption × taux propre de réalisation
Les parts « décaissement lié au travail » et « capacité utile » sont deux destinations exclusives des mêmes heures ; leur somme ne peut pas dépasser 100 %. Le taux techniquement retirable ne réduit pas une facture hors main-d’œuvre : cette facture dispose de son propre taux de réalisation, tout en restant soumise à l’adoption et à la rampe.
Un repère de coût horaire peut aider à contredire une hypothèse, mais pas la remplacer. L’Insee estime à 44,2 € le coût horaire du travail en 2025 dans les services marchands, pour les entreprises d’au moins dix salariés des secteurs B à N, apprentis inclus. Cette estimation est révisable.
Ce repère ne représente ni votre coût marginal, ni la valeur d’une heure réaffectée. Le cas fictif ci-dessous utilise donc 36 €/h, une hypothèse inventée et signalée comme telle.
Les douze familles du TCO doivent apparaître
Le TCO ne se limite pas au devis de réalisation. Pour chaque famille, choisissez un état : montant connu, non applicable avec justification, ou inconnu. Dans ce dernier cas, le calcul doit retourner STOP.
Les douze familles obligatoires du coût total de possession
- Famille
- 1. Cadrage
- Questions à poser
- Observation, ateliers, spécifications, prototype ?
- Moment habituel
- Avant le projet
- Famille
- 2. Réalisation
- Questions à poser
- Conception, développement, paramétrage, recette ?
- Moment habituel
- Avant et à la livraison
- Famille
- 3. Migration
- Questions à poser
- Nettoyage, reprise, rapprochement, archivage ?
- Moment habituel
- Avant la bascule
- Famille
- 4. Intégrations
- Questions à poser
- Interfaces entre logiciels (API), connecteurs, comptes, quotas, changements tiers ?
- Moment habituel
- Initial puis évolutions
- Famille
- 5. Formation et changement
- Questions à poser
- Supports, sessions, accompagnement, temps des équipes ?
- Moment habituel
- Avant et après la bascule
- Famille
- 6. Temps interne
- Questions à poser
- Métier, direction, finance, informatique, protection des données, sécurité, tests ?
- Moment habituel
- Tout au long du projet
- Famille
- 7. Licences et hébergement
- Questions à poser
- Utilisateurs, volume, stockage, surveillance, environnements ?
- Moment habituel
- Récurrent
- Famille
- 8. Support et maintenance
- Questions à poser
- Incidents, correctifs, astreinte, mises à niveau ?
- Moment habituel
- Récurrent
- Famille
- 9. Sécurité et conformité
- Questions à poser
- Analyse de risques, tests, clauses, documentation, analyse d’impact si requise ?
- Moment habituel
- Initial et récurrent
- Famille
- 10. Évolutions
- Questions à poser
- Règles, navigateurs, API, dépendances, réglementation ?
- Moment habituel
- Récurrent ou ponctuel
- Famille
- 11. Double exploitation
- Questions à poser
- Ancien et nouveau système utilisés ensemble combien de temps ?
- Moment habituel
- Bascule
- Famille
- 12. Sortie et réversibilité
- Questions à poser
- Export, transfert, suppression, documentation, remise en service ?
- Moment habituel
- Fin de contrat ou horizon
Une ligne de devis peut couvrir plusieurs familles sans les ventiler. Notez « enveloppe indivisible réalisation + intégrations » au lieu d’inventer une répartition. Le montant reste utilisable ; son manque de détail devient un risque de pilotage à traiter au contrat.
Mauvais zéro
Sécurité : 0 € parce que personne ne l’a encore chiffrée
Ce poste est inconnu : le calcul s’arrête. Il ne devient 0 € que si le périmètre, les contrôles existants, les responsabilités et les travaux restant à faire montrent réellement qu’aucun coût supplémentaire n’est retenu. Cette conclusion doit être documentée et révisée si le périmètre change.
Trésorerie et valeur économique donnent deux résultats
La lecture de trésorerie répond à « quels décaissements sont couverts ? ». La lecture économique répond à « la valeur attribuée couvre-t-elle aussi le temps interne et la capacité mobilisée ? ». L’une ne doit pas être utilisée à la place de l’autre.
GAIN NET DE TRÉSORERIE = bénéfices de trésorerie cumulés − TCO de trésorerie ROI DE TRÉSORERIE = gain net de trésorerie / TCO de trésorerie × 100 GAIN NET ÉCONOMIQUE = bénéfices de trésorerie + capacité utile − TCO économique ROI ÉCONOMIQUE = gain net économique / TCO économique × 100 TCO économique = TCO de trésorerie + coûts d’opportunité internes
Ces ratios sont cumulés, non annualisés et non actualisés. Un TCO nul rend le ROI non applicable : il ne produit jamais une valeur infinie. Pour un projet long, financé ou comparé à d’autres investissements, ajoutez ensuite une valeur actuelle nette ou un taux de rendement interne avec votre direction financière, sans cacher les flux mensuels d’origine.
Le retour durable évite d’annoncer un retour trop tôt
Le premier croisement est le premier mois où le cumul redevient nul ou positif après avoir été négatif. Le retour durable est le premier mois où il reste nul ou positif jusqu’à la fin de l’horizon. Une dépense de sortie peut donc annuler un croisement temporaire. Si le cumul n’a jamais été négatif, indiquez « aucun déficit de financement » plutôt qu’un retour au mois 0.
Recalculez sans envoyer vos données
Le calculateur fonctionne dans votre navigateur et ne soumet aucun formulaire. Les valeurs initiales appartiennent au cas fictif du guide. Ouvrez chaque famille de coût, remplacez les hypothèses et laissez un champ vide lorsqu’il est réellement inconnu : aucun résultat ne sera produit.
Calcul local · aucune donnée envoyée
Recalculer le ROI sans transformer une inconnue en zéro
Les valeurs de départ appartiennent au cas fictif du guide. Trois postes à 0 € — sécurité, évolutions et double exploitation — sont des hypothèses explicites, pas des coûts usuels. Passez-les à « à chiffrer » si vous ne les avez pas étudiés : le calcul s’arrêtera.
Calcul disponible. Gain net de trésorerie -45 040,00 €. Gain net économique 8 637,44 €.
Résultat du scénario courant
Trésorerie et valeur économique donnent deux résultats
TCO de trésorerie
51 200,00 €
TCO économique
54 800,00 €
Gain net de trésorerie
-45 040,00 €
Gain net économique
8 637,44 €
ROI de trésorerie
-88 %
ROI économique
15,8 %
Décaissements évités
6 160,00 €
Capacité utile
57 277,44 €
Qualitatif
Hors du ROI
Retour durable de trésorerie
Non atteint durablement à l’horizon
Retour économique durable
Mois 39
Lecture du résultat
Le ROI de trésorerie est négatif : les bénéfices ne couvrent pas son TCO sur cet horizon. Le ROI économique est positif : les bénéfices dépassent son TCO sur cet horizon. Le projet crée une valeur économique positive uniquement grâce à la capacité réaffectée : il ne se rembourse pas en trésorerie sur cet horizon. Vérifiez quelle activité utilisera réellement ce temps.
Sensibilité à un mois de mise en service plus tard
1 041,76 € de valeur économique nette non capturée sur l’horizon
Cette sensibilité décale les bénéfices, le coût de mise en service et les coûts mensuels actifs. Les coûts saisis au mois 0, à un mois précis, sur une plage datée ou en sortie restent fixes. Ce n’est donc pas un « coût universel du retard ».
Voir les flux aux mois décisifs
| Mois | Coût économique | Bénéfice économique | Cumul de trésorerie | Cumul économique |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 36 000,00 € | 0,00 € | -32 400,00 € | -36 000,00 € |
| 5 | 400,00 € | 1 441,76 € | -32 660,00 € | -34 958,24 € |
| 39 | 400,00 € | 1 441,76 € | -41 500,00 € | 461,60 € |
| 48 | 1 600,00 € | 1 441,76 € | -45 040,00 € | 8 637,44 € |
Sensibilité conjointe au calendrier, à l’adoption, aux coûts et aux gains
Ces trois scénarios complets appartiennent au cas fictif. Ils ne sont ni des moyennes ni des objectifs recommandés.
Prudent
Mise en service M8 · rampe 6 mois · adoption 70 %
Réalisation +15 % · hébergement + maintenance +15 % · double exploitation 600,00 €/mois
Capacité utile 35 % · décaissements évités 40 %
-63,4 %
ROI économique cumulé
Central
Mise en service M5 · rampe 0 mois · adoption 100 %
Réalisation au devis · hébergement + maintenance au devis · double exploitation 0,00 €/mois
Capacité utile 60 % · décaissements évités 70 %
15,8 %
ROI économique cumulé
Haut · favorable
Mise en service M4 · rampe 2 mois · adoption 100 %
Réalisation −5 % · hébergement + maintenance −10 % · double exploitation 0,00 €/mois
Capacité utile 80 % · décaissements évités 90 %
63,6 %
ROI économique cumulé
Ce calcul est un outil pédagogique. Il n’intègre ni actualisation, fiscalité, financement, inflation ni risques non chiffrés. Pour un investissement important ou long, faites contrôler les flux datés et la méthode par votre direction financière ou votre conseil.
Suivez les 723,2 heures jusqu’au mois de retour
Le cas suivant démontre le calcul. Il ne décrit ni un client, ni une moyenne de marché, ni une promesse commerciale.
VOLUME ANNUEL FICTIF 80 comptes rendus/semaine × 8 min × 48 semaines = 512 h Consolidation : 3 h/semaine × 48 = 144 h Corrections : 14/mois × 24 min × 12 = 67,2 h Total = 723,2 h/an
Hypothèses centrales : horizon M0 à M48, mise en service M5, effet plein immédiat dans cet oracle, adoption 100 %, 60 % des heures éligibles réaffectées utilement, valeur économique fictive 36 €/h, et 70 % de 2 400 € annuels de décaissements hors main-d’œuvre réellement évités.
Le TCO regroupe réalisation avec intégrations, puis migration avec formation. Pour conserver cet exemple fictif recalculable, sécurité et conformité, évolutions et double exploitation sont posées à 0 €. Dans un dossier réel, chacun de ces zéros doit être justifié ; sinon le calcul s’arrête.
Résultat du cas fictif central sur 48 mois
- Indicateur
- TCO
- Trésorerie
- 51 200 €
- Économique
- 54 800 €
- Indicateur
- Bénéfices cumulés
- Trésorerie
- 6 160 €
- Économique
- 63 437,44 €
- Indicateur
- Gain net
- Trésorerie
- −45 040 €
- Économique
- +8 637,44 €
- Indicateur
- ROI cumulé
- Trésorerie
- −87,96875 %
- Économique
- +15,7617518 %
- Indicateur
- Retour durable
- Trésorerie
- Non atteint
- Économique
- Mois 39
Le cumul économique vaut −580,16 € en M38, +461,60 € en M39, puis +8 637,44 € en M48. Le projet reste pourtant très négatif en trésorerie. Dire qu’il « se rembourse au mois 39 » sans préciser économiquement ferait croire à une trésorerie qui n’existe pas.
Les scénarios changent plus que deux pourcentages
Trois scénarios fictifs complets
- Scénario
- Prudent
- Calendrier et adoption
- M8 · rampe 6 mois · adoption 70 %
- Coûts
- Réalisation +15 % · hébergement + maintenance +15 % · double exploitation 600 €/mois de M7 à M9
- Gain net économique / ROI
- −39 139,25 € · −63,37 % · retour non atteint
- Scénario
- Central
- Calendrier et adoption
- M5 · effet plein · adoption 100 %
- Coûts
- Devis inchangé · trois zéros fictifs explicites
- Gain net économique / ROI
- +8 637,44 € · +15,76 % · retour M39
- Scénario
- Haut favorable
- Calendrier et adoption
- M4 · rampe 2 mois · adoption 100 %
- Coûts
- Réalisation −5 % · récurrents −10 % · double exploitation 0 € explicite
- Gain net économique / ROI
- +33 147,76 € · +63,62 % · retour M26
Le scénario central ne suffit pas
Avec ces hypothèses, le scénario prudent écarte l’investissement. Avant de décider, cherchez ce qui pourrait changer ce verdict : pilote d’adoption, devis plus précis, délai contractuel, test de reprise de données ou destination démontrée du temps libéré.
Quand une option simple bat le sur-mesure
Le statu quo n’est pas « gratuit » : il conserve le temps, les erreurs, les risques et les dépenses actuelles. Mais son coût incrémental de projet est nul. Décrivez donc la situation actuelle, puis comparez chaque réponse sur les mêmes volumes, mois et règles d’attribution.
Comparer quatre réponses sur une base commune
- Réponse
- Statu quo
- À chiffrer
- Coûts actuels, incidents, temps et opportunités non réalisées
- Risque de décision
- Présenter zéro investissement comme zéro coût
- Sortie possible
- Conserver avec plan de surveillance
- Réponse
- Simplification
- À chiffrer
- Procédure, modèle, automatisation légère, petit abonnement
- Risque de décision
- Sous-estimer les limites fonctionnelles
- Sortie possible
- Tester vite et rester réversible
- Réponse
- Standard ou SaaS
- À chiffrer
- Paramétrage, licences au volume, intégrations, export, support
- Risque de décision
- Oublier dépendance, hausse de volume et sortie
- Sortie possible
- Pilote contractuel et test d’export
- Réponse
- Sur-mesure
- À chiffrer
- Douze familles complètes, maintenance et responsabilités
- Risque de décision
- Transformer la capacité théorique en trésorerie
- Sortie possible
- Réduire le périmètre ou renoncer
Option simple fictive
8 000 € de TCO battent 54 800 € de sur-mesure
Même base de 723,2 h/an, mise en service M2, 25 % de capacité utile, 40 % des décaissements hors main-d’œuvre évités, 4 000 € initiaux, 75 €/mois sur 47 mois et 475 € de sortie. Le TCO économique vaut 8 000 €, les bénéfices 29 252,80 €, le ROI économique +265,66 % et le retour durable M9. Le ROI de trésorerie reste −53 %.
Cette option simple gagne dans le cas fictif ; elle n’est pas supposée disponible dans tous les projets. Les autres familles de coûts y sont explicitement supposées non applicables : elles ne sont ni inconnues ni transformées silencieusement en zéros.
Pour le SaaS, refusez une « moyenne » générique : demandez le tarif au nombre réel d’utilisateurs, de dossiers, d’appels API et de stockage, puis ajoutez paramétrage, migration, intégrations, formation, support et réversibilité. Le sur-mesure ne revient dans la comparaison que si les limites du standard sont démontrées.
Traitez l’adoption, la sécurité et la sortie comme des travaux
Une hypothèse d’adoption n’est pas une conséquence automatique de la livraison. L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) recommande de partir du travail réel et d’associer les utilisateurs à la conception et aux ajustements. Cette boîte à outils 2024 a été construite à partir de quatre établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux : nous en transposons ici la méthode de conception du travail, pas une preuve universelle d’adoption ou de performance.
Prévoyez les observations, les tests, les supports, les responsables, le temps de formation et le traitement des contournements dans le TCO.
Un socle cyber à adapter à l’application interne
Le guide de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), publié le 26 février 2026 vise d’abord les start-up qui développent un produit logiciel. Ses principes restent utiles pour cadrer une application interne, à condition de les adapter à ses données, ses utilisateurs et son infrastructure.
Questions cyber et de réversibilité à financer
- Contrôle
- Accès
- Question concrète
- Moindre privilège et authentification multifacteur sur les opérations sensibles ?
- Coûts possibles
- Gestion des identités, paramétrage, support
- Contrôle
- Environnements
- Question concrète
- Développement, intégration et production séparés ?
- Coûts possibles
- Infrastructure, données fictives, filtrage
- Contrôle
- Dépendances
- Question concrète
- Inventaire, alertes de vulnérabilité et mises à jour ?
- Coûts possibles
- Outils, maintenance, tests de non-régression
- Contrôle
- Traçabilité
- Question concrète
- Qui a accédé ou modifié une donnée sensible ?
- Coûts possibles
- Journaux, conservation, supervision
- Contrôle
- Sauvegarde
- Question concrète
- Copie protégée et restauration réellement testée ?
- Coûts possibles
- Stockage, procédures, exercices
- Contrôle
- Réversibilité
- Question concrète
- Export complet, format, délai, documentation et reprise ?
- Coûts possibles
- Développement, transfert, double exploitation
Lorsque l’application traite des données personnelles, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) demande d’intégrer la protection dès la conception et recommande des tests unitaires, d’intégration, fonctionnels et de sécurité, avec des environnements distincts.
Une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) est obligatoire si le traitement est susceptible d’engendrer un risque élevé ; elle n’est pas automatique pour chaque outil.
Une source ancienne doit rester datée
Le guide ANSSI sur l’externalisation, toujours publié mais ancien, reste utile pour trois risques durables : perte de maîtrise, accès distant et hébergement mutualisé. Il ne suffit pas à définir l’état de l’art 2026. Utilisez le guide 2026, votre analyse de risques, les exigences CNIL applicables et les contraintes propres au système.
Cherchez ce qui fait basculer la décision
Un stress test n’ajoute pas arbitrairement 20 % partout. Il transforme une hypothèse fragile en variable, une par une puis ensemble, et explique la cause de chaque borne.
Stress test minimal avant décision
- Variable
- Mise en service
- Question prudente
- Que devient le résultat avec trois mois de retard ?
- Preuve à obtenir
- Jalons, dépendances et responsable
- Variable
- Rampe
- Question prudente
- Combien de mois avant l’effet plein ?
- Preuve à obtenir
- Pilote et courbe d’usage
- Variable
- Adoption
- Question prudente
- Que reste-t-il à 70 % d’usage réel ?
- Preuve à obtenir
- Utilisateurs actifs et dossiers traités
- Variable
- Réalisation
- Question prudente
- Quel impact d’un dépassement de 15 % ?
- Preuve à obtenir
- Périmètre, exclusions et gestion des changements
- Variable
- Hébergement + maintenance
- Question prudente
- Que devient le TCO si ces deux coûts augmentent de 15 % ?
- Preuve à obtenir
- Tarifs au volume et règles de révision
- Variable
- Double exploitation
- Question prudente
- Trois mois de coexistence sont-ils nécessaires ?
- Preuve à obtenir
- Plan de bascule et critères de retour
- Variable
- Sortie
- Question prudente
- L’export final annule-t-il un premier retour ?
- Preuve à obtenir
- Test d’export et devis de transfert
Le calculateur présente aussi une sensibilité à un mois de mise en service plus tard. Elle décale les bénéfices, les coûts liés à la mise en service et les coûts mensuels actifs. Les coûts au mois 0, à un mois précis, sur une plage datée ou en sortie restent à leur date saisie. Le résultat n’est donc pas un « coût universel du retard » : c’est la valeur nette non capturée dans ce modèle précis.
Mémo express
Écrivez la règle de décision avant le résultat
Exemple : « lancer un pilote si le scénario prudent couvre le TCO économique à M36, si aucun coût obligatoire n’est inconnu et si un responsable accepte la destination de la capacité ». Une règle écrite avant le calcul limite la tentation d’ajuster les hypothèses pour sauver le projet.
Remplacez le prévisionnel par le réalisé à M1, M3 et M6
France Num distingue les objectifs, les progrès et les résultats attendus puis obtenus, tout en rappelant que certains effets sont difficiles à chiffrer. Votre tableau de suivi doit donc conserver les effets qualitatifs au lieu de les convertir de force. La fiche officielle mise à jour en avril 2026 fournit ce cadre général ; les indicateurs restent à choisir selon le projet.
Registre prévision contre réalisé après la mise en service
- Moment
- M1
- À remplacer par le réalisé
- Coûts de bascule, utilisateurs actifs, incidents, double exploitation, première destination des heures
- Décision possible
- Corriger l’accès, la formation ou le périmètre
- Moment
- M3
- À remplacer par le réalisé
- Rampe réelle, volumes traités, contournements, temps par cas, décaissements réellement supprimés
- Décision possible
- Confirmer, réduire ou suspendre
- Moment
- M6
- À remplacer par le réalisé
- TCO cumulé, capacité utile démontrée, sécurité, maintenance, prévision révisée jusqu’à H
- Décision possible
- Industrialiser, renégocier, remplacer ou arrêter
REGISTRE DE RÉCONCILIATION Indicateur | unité | source | responsable Prévision | réalisé | écart | explication Impact trésorerie | impact capacité | qualitatif Action | date | nouvelle borne prudente
Ne réécrivez pas la prévision initiale : conservez-la, ajoutez le réalisé et expliquez l’écart. Vous pourrez alors distinguer une hypothèse fausse, un retard, un problème d’adoption et un bénéfice qui existe mais n’a pas la nature prévue.
Concluez par une action, un propriétaire et une preuve
La dernière page ne reprend pas tout le calcul. Elle nomme l’option retenue et celle écartée, l’horizon, le scénario prudent, les gains nets et le retour durable. Ajoutez les inconnues, les responsables, la borne d’arrêt et la date de la prochaine revue.
Les quatre sorties du dossier économique
- Décision
- Investir
- Quand elle est défendable
- Scénario prudent acceptable et risques financés
- Prochaine action
- Contractualiser les bornes et le suivi
- Décision
- Piloter
- Quand elle est défendable
- Valeur plausible mais adoption ou faisabilité à prouver
- Prochaine action
- Essai limité, réversible et mesuré
- Décision
- Simplifier
- Quand elle est défendable
- Option légère plus rapide ou plus rentable
- Prochaine action
- Tester avant tout développement
- Décision
- Reporter ou refuser
- Quand elle est défendable
- Inconnues majeures, valeur non attribuable ou risque non maîtrisé
- Prochaine action
- Obtenir la preuve manquante ou arrêter
Mémo express
Le dossier minimal à transmettre
Le processus actuel, douze familles de coûts, calendrier mensuel, règles d’attribution des gains, trois scénarios, comparaison des options, risques de sécurité et de sortie, puis registre M1/M3/M6. Si une donnée manque, son propriétaire et sa date d’obtention doivent être visibles.
Ce calcul n’a de sens qu’adossé à un problème observé. Si le besoin lui-même reste flou, le diagnostic en trois situations précède utilement toute estimation. Deux postes du TCO se chiffrent par ailleurs dans des dossiers dédiés : la durée, avec combien de temps faut-il pour développer un SaaS, et le périmètre de départ, avec ce qu’un MVP doit contenir.
Si la comparaison porte sur une plateforme existante, les deux guides Airtable ou Notion face à une application métier et Power Apps face à une application sur mesure détaillent les coûts cachés à intégrer au calcul : licences par utilisateur, connecteurs, environnements et coût de sortie. Enfin, un devis ne se compare pas au seul montant : choisir un prestataire sur preuves explique ce qu’il faut exiger avant de signer.
Vous pouvez maintenant faire vérifier votre dossier économique. Indiquez ce qui est observé, estimé, contractuel ou encore inconnu. L’objectif du premier échange n’est pas de promettre un ROI, mais de repérer le chiffre, le test ou le devis qui manque avant de choisir.